Mais que sont devenues les coles pionnires du web ?
On situe gnralement lĠorigine du web en 1989, avec les travaux de Tim Berners-Lee[1] du CERN[2] de Genve destins fournir aux chercheurs un accs hypertexte et en rseau leurs documents de travail. Ds lors, il nĠa fallu que quelques annes pour que le systme scolaire, pourtant rarement considr comme un grand innovateur, sĠen saisisse. Quelques coles primaires, certaines sous les feux des mdias et dĠautres plus discrtement, ont trs vite fait figure de pionnires du web. En 1996, il tait dj temps de dresser un premier bilan, de collecter de premires pratiques, de tracer de premires perspectives. Jean-Louis Durpaire, alors directeur du CRDP de Poitou-Charentes, a su prendre cette initiative. Publi dbut 1997, Internet lĠcole en France[3] rend compte des premiers pas du systme ducatif franais sur le web entre 1994 et 1996. Il dcrit notamment les sites web de 10 coles primaires[4]. Ë la mi 2008, une dcennie plus tard, lĠpoque dĠune autre inflexion technologique, celle du web 2.0[5], une relecture de cet ouvrage sĠimpose pour clairer le chemin parcouru. Elle nous montre combien, dans un contexte sociotechnique ayant considrablement volu, certaines pratiques ont totalement t bouleverses alors que dĠautres ont travers le temps presque inchanges. Aprs la prsentation de lĠune de ces 10 coles tmoin et quelques considrations contextuelles sur les usages franais dĠinternet au cours des annes 94-96, lĠarticle sĠattachera la comprhension de quelques-unes des caractristiques des sites web scolaires au travers dĠune analyse des 10 sites tmoin.
La place manque pour prsenter ici une analyse approfondie des 10 sites qui devrait avant tout retracer lĠhistoire de ces 10 coles au cours dĠune dcennie. Il est toutefois utile de connatre les contextes dans lesquels sĠinscrivent ces sites si lĠon veut accder la comprhension de ce quĠils reprsentent. LĠamicale complicit dĠHerv Moull permet dĠen savoir plus sur lĠcole de Bizu et de son site web[6]. cole de Bizu et Herv Moull sont lĠimage des reprsentations que lĠon a gnralement des pionniers du web scolaire, souvent enseignants dĠcoles isoles petits effectifs, engags par conviction autant que par ncessit dans des pratiques pdagogiques en rseaux, se rfrant frquemment au courant pdagogique Freinet. Si lĠcole de Bizu apparat comme une illustration archtypique de cette description, les 9 autres coles entretiennent toutes une certaine parent avec elle. Toutes ressemblent, peu ou prou, ces coles (ou classes) regroupes ds les annes 80, notamment au sein dĠINFORMATICEM[7], pour organiser le travail en rseau de leurs lves en utilisant dĠabord le minitel et le fax[8], aprs avoir utilis la poste et le tlphone et avant de recourir aux diffrents services dĠinternet. Herv Moull se dclare militant de lĠICEM, mouvement dont il est la fois le responsable dpartemental et le charg de lĠinformation et de la communication de lĠassociation des amis de Freinet[9]. Rcemment interview (mai 2008), il dcrit ainsi Ç son È cole : Ç LĠcole de Bizu est une cole rurale classe unique dans un Regroupement Pdagogique Intercommunal [qui] accueille 23 enfants de 6 11 ans du CE1 au CM2. CĠest une classe cooprative qui fonctionne avec les techniques Freinet et les outils de la socit de la communication et de lĠinformation. [É] Les enfants dbattent, laborent et votent des rgles de vie, programment leurs activits, fabriquent de la documentation, effectuent des recherches en mathmatiques et en sciences, crent des albums, prsentent des confrences, montent des expositions, fabriquent un journal, correspondent travers le monde, pratiquent lĠexpression thtrale, musicale, lĠart enfantin et apprennent lĠanglaisÈ. Les technologies sont trs prsentes lĠcole et Herv Moull multiplie les stratgies pour lĠquiper[10] (subventions, dons, mises disposition de matriels personnels). Une installation des ordinateurs en rseau permet un usage rationnel par les lves qui disposent tous dĠun dossier personnel accessible sur chaque machine. Le rseau de lĠcole est connect internet haut dbit (ADSL dgroup) et de nombreux quipements complmentaires sont mis la disposition des lves (imprimante laser, numriseur, appareil photo numrique, camscope numrique, microscope USB, cls USBÉ). Les TIC font partie intgrante de lĠenvironnement dĠapprentissage des lves au point quĠHerv Moull indique quĠ Ç au moment de quitter lĠcole, souvent au bout de quatre annes passes ensemble, les enfants sont au point concernant lĠutilisation des outils technologiques. Le B2i est facilement valid È. Le rle du site nĠa pas chang depuis son ouverture, le 1er avril 1996. Il est le lieu de publication et dĠarchivage des traces des activits de la classe et de ses lves. Pour Herv Moull, le site Ç est devenu avec le temps une encyclopdie et une vitrine de nos activits. Ouvert le 1er avril 1996, les documents sĠy accumulent. CĠest aussi un site dĠarchives pour les anciens qui ont quitt lĠcole et y puisent des traces de leur histoire scolaire. CĠest donc le lien dĠune communaut, celle des enfants, de leur matre dĠcole, des familles et des amis È. Pour lĠessentiel, les rles sont partags entre les lves auteurs (textes mis en page et parfois illustrs) et lĠenseignant webmestre. Herv Moull souligne le temps ncessaire ces tches et fait observer la pnurie chronique de moyens qui caractrise ce genre de projet.
Rappelons-nous quĠau milieu des annes 90, la France tait en assez fcheuse posture dans le domaine des TIC. Aprs avoir jou un rle de tout premier plan lĠchelle mondiale au cours de la dcennie prcdente au travers de projets aussi ambitieux que lĠinstallation grande chelle dĠun rseau tlphonique ultramoderne, le dveloppement et le dploiement auprs du grand public dĠun des premiers terminaux communicants (le minitel) et lĠquipement de tous les tablissements scolaires de micro-ordinateurs (plan Informatique Pour Tous), la France marque le pas. Il faudra attendre 1997 pour que le gouvernement Jospin mette en place un plan dĠenvergure pour relancer lĠeffort national, au travers du Plan dĠAction Gouvernemental pour la Socit de lĠInformation (PAGSI)[11]. Ren Monory, alors Prsident du Snat, voquait, dans la prface de lĠouvrage de Jean-Louis Durpaire, Ç lĠindispensable effort que nous devons faire pour rattraper le retard pris par notre pays È. Il affirmait Ç quĠil nĠest plus acceptable que la France occupe la dernire position des pays dvelopps quant lĠaccs internet È et en appelait un Ç effort national È afin que les nouvelles technologies lĠcole soient Ç aussi gnralises que le tableau noir È. CĠest dire si la prsence dĠcoles primaires sur le web pouvait apparatre comme un signe encourageant !
Dix coles pionnires et tmoin
Dans son ouvrage, Jean-Louis Durpaire avait choisi de mettre en exergue les sites web de 10 coles primaires, coles qui constituent aujourdĠhui une sorte de tmoin de lĠhistoire du web scolaire, un chantillon au sens de la recherche scientifique dans une perspective dĠtude longitudinale. LĠouvrage de Jean-Louis Durpaire donne peu dĠinformations sur ses critres de choix et se borne voquer une Ç photographie des actions en cours [É] avec une place privilgie pour lĠAcadmie de Poitiers et le dpartement de la Vienne qui constituent, par le dynamisme des partenariats qui y sont nous, des observatoires privilgis È[12]. Certes, on peut sĠinterroger sur la validit de cet chantillon dĠun point de vue mthodologique, cĠest--dire sa capacit rendre compte de lĠensemble des coles franaises. Une telle reprsentativit ne faisant pas partie du projet de lĠauteur, il faudra se garder de toute infrence ou gnralisation abusive. En revanche, un retour vers ces sites pionniers, 10 ans aprs leur cration, est susceptible dĠclairer, non seulement ce quĠa t le web scolaire des premiers temps[13] mais aussi ce quĠil est devenu et les orientations profondes qui portent ces volutions.
La plupart des 10 coles, lĠinstar de lĠcole de Bizu, inscrivent leur action dans une logique de rseaux, rseaux dĠcoles qui se rfrent assez souvent, explicitement ou non, au mouvement Freinet (comme les rseaux buissonniers du Vercors ou le rseau du Val-de-GartempeÉ ) ou rseaux dĠcoles constitus autour de projets institutionnels (projets coordonns par les instituteurs animateurs TICE des inspections acadmiques, projets de structures ducatives en charge de lĠingnierie ducative comme les centre rgionaux et dpartementaux de documentation pdagogique). En somme, et contrairement aux ides reues, bien des projets reposent certes sur des initiatives individuelles de pionniers mais sont fortement ancrs dans des communauts sans lĠappui desquelles rien nĠaurait t possible. Rappelons-nous seulement quĠau milieu des annes 90, les infrastructures dĠaccs internet taient embryonnaires, que les dbits descendants taient trs faibles (28 kb/s) alors que les dbits montants taient ridicules (quelques kb/s seulement) et que les cots de connexion pouvaient tre trs levs. Si lĠon ajoute ces difficults matrielles, une rserve voire une hostilit conservatrice dĠune part notable des cadres de lĠducation nationale, malgr les discours et les actes novateurs dĠune fraction dĠentre eux, lĠinitiative strictement solitaire nĠavait que peu de chance dĠaboutir. On peut souligner ici le rle connecteur dĠinternet ou plutt la faon dont ce dispositif technique de communication en rseau peut tre mis en Ïuvre pour instrumenter des rseaux humains avec une efficacit indite. Sur les 10 sites de lĠchantillon, 8 affichent, en 1996, une srie de liens vers dĠautres coles, tissant ainsi des rseaux dĠcoles dont on peut deviner la cohrence avec de vritables projets pdagogiques. Une analyse plus fine montre que ces liens dessinent des rseaux de natures assez diffrentes qui se superposent parfois : rseaux de proximit gographique (rares) ; rseaux pdagogiques militants ; rseaux dĠinternationalisation des changes scolaires ou rseaux institutionnels. Certains de ces rseaux sont matrialiss par lĠappartenance des Ç anneaux de sites È ou Ç webring È (adhsion des sites une liste de sites, chacun renvoyant lĠensemble des autres) et la constitution de listes de discussion au caractre fortement communautaire. LĠadresse des 10 sites tmoigne aussi, dĠune autre faon, de certaines affiliations. Trois seulement relvent de la mise en Ïuvre dĠune politique institutionnelle locale de connexion, mise en Ïuvre dans le cadre dĠune exprimentation nationale (Toulouse pour le site de lĠcole de Piquecos, Rouen pour celui dĠHnouville et Bordeaux pour celui de Louvie-Juzon). Les autres doivent leur hbergement au mouvement pdagogique auquel il se rfre (ICEM) ou, plus simplement aux fournisseurs dĠaccs locaux (InterPC, a2iÉ).
Une comparaison de lĠtat actuel des sites de ces coles avec les fiches descriptives tablies en 1996 a de quoi tonner. Si les sites de quatre dĠentre elles ont disparu[14], manifestant peut-tre une orientation pdagogique diffrente et, qui sait, les consquences dĠune mutation ou dĠun dpart la retraite, les autres restent bien prsents et vivaces. L nĠest pas vraiment la surprise. Ce qui sĠimpose la consultation des sites et qui pose question, cĠest la permanence : permanence de la forme et permanence des activits. Reprenant des lments dĠune typologie labore par Jacques Audran[15], on peut identifier, dans les sites scolaires, trois fonctions principales qui sont combines dans des proportions varies. La premire est qualifie de publicitaire par Jacques Audran, au sens o il sĠagit de rendre public un ensemble dĠinformations qui reste interne lĠcole dĠordinaire. Cette notion de publicit considre comme lĠalimentation dĠun espace public (au sens propos par Jrgen Habermas[16]) prend aussi bien la forme dĠactions de communication institutionnelles (de la publication du projet dĠcole celle des menus de la cantine) que de lĠaccs aux productions des lves (journal dĠcole, correspondance scolaire, dossiers documentaires, textes Ç libres ÈÉ). La deuxime fonction, rvlatrice, vise mettre disposition un ensemble organis dĠinformations et de liens portant sur un thme prcis dans une logique de site thmatique ou de portail. La troisime, catalysatrice[17], consiste faire du site web, la fois un support et une incitation au dveloppement de projets collaboratifs. Cette typologie des fonctions, tablie partir dĠune large tude empirique, est particulirement propice pour dpasser une analyse purement descriptive des sites, la recherche des buts et des stratgies de leurs promoteurs. En revanche, lĠhypothse esquisse par Jacques Audran dĠune volution naturelle et progressive des sites dĠune logique essentiellement publicitaire vers une logique catalysatrice est battue en brche par lĠvolution relle des 10 sites de notre chantillon. Pour lĠessentiel, leur fonction principale ne semble pas voluer avec le temps mais dpendre dĠautres variables locales, commencer par lĠenseignant ou lĠquipe dĠenseignants qui porte le projet. On retrouve finalement la mme diversit lorsque lĠon analyse des sites web dĠcoles plus rcents. La fonction principale des sites parat davantage dtermine par le projet ducatif, lui-mme largement emprunt des styles dĠenseignement propres aux animateurs des sites. La plupart des enseignants lĠorigine des 10 sites tmoin rfrant leurs pratiques pdagogiques celles du mouvement Freinet, il nĠest pas tonnant de constater leur tropisme vers des activits collaboratives et coopratives, attribuant ainsi leur site une fonction principale Ç catalysatrice È. Il est ncessaire de replacer cette remarque dans une perspective historique pour en comprendre la porte. Ce qui semble aujourdĠhui le plus banal, cĠest--dire utiliser diffrents services dĠinternet au service dĠune pdagogie dĠinspiration socioconstructiviste, ne lĠtait pas autant il y a seulement 10 ou 20 ans alors que lĠinformatique tait essentiellement mise au service dĠune approche no-bhavioriste de lĠenseignement, notamment avec le recours massif lĠenseignement programm au travers de la mise en Ïuvre des logiciels dĠEnseignement Assist par Ordinateur. Affaire de mode ou, comme on lĠespre, affaire de science, la prise en compte raisonne du constructivisme et de la dimension sociale des apprentissages dans la pdagogique invite interroger le potentiel des outils de communication en rseaux. Nos 10 pionniers tmoin se sont presque tous engags dans cette voie et, pour la plupart, poursuivent cette dmarche. On ne saurait souligner suffisamment leur clairvoyance alors que, probablement trop imprgns des modles classiques des mdias de masse, les analystes ont longtemps cru quĠinternet serait dĠabord pour les jeunes, et a fortiori pour les lves, un moyen dĠaccs lĠinformation et non un moyen de communication au service de projets individuels et collectifs. Il a fallu attendre le dbut des annes 2000 pour comprendre[18] combien internet bouleversait les pratiques de communication et les incidences que ces changements pouvaient engendrer dans les activits scolaires. Il apparat nettement que si nos 10 tmoins ont t des pionniers, ils lĠont manifest au moins autant par leurs orientations pdagogiques que par des technologies dont ils ont choisi de faire usage pour instrumenter leurs options.
Les 10 sites tonnent par leur Ç rusticit technologique È moyenne. Alors que lĠon associe gnralement les enseignants pionniers du web des technophiles toujours la recherche de la Ç dernire È technologie, lĠanalyse des sites montre une ralit trs diffrente et trs contraste. Certains sites perdurent aujourdĠhui avec les technologies originelles, le plus souvent des sites Ç statiques È raliss avec des diteurs html simples. Seuls les contenus ont chang, le plus souvent par accumulation. Quelques sites ont migr vers des solutions de gestion de contenus avec un CMS[19], SIP en lĠoccurrence, et presque tous ont intgr leurs pages statiques des objets reposant sur des technologies plus rcentes (vido en streaming, flux RSSÉ). De faon gnrale (au-del des 10 sites tmoin), les sites web scolaires sont dvelopps selon des logiques bien diffrentes mais qui peuvent parfois se rvler complmentaires (la quatrime, en particulier, pouvant enrichir les trois premires) :
- la cration et mise jour de sites statiques o le traitement de la forme et celui des contenus ne sont pas dissocis ;
- la mise en Ïuvre de CMS ;
- la mise en Ïuvre dĠENT ;
- le recours des services externes spcifiques (forum, vidoÉ)
L encore, une analyse plus fine et, surtout, systmatique, serait ncessaire pour tenter dĠexpliquer les niveaux technologiques trs diffrents qui peuvent tre observs dans notre chantillon et, de faon plus gnrale, dans lĠensemble des sites web scolaires. On peut nanmoins proposer plusieurs pistes de rflexion. La conservation par plusieurs des sites de notre chantillon des technologies de dveloppement utilises ds lĠorigine de leurs projets nourrit lĠhypothse de choix technologiques essentiellement guids par une forme dĠopportunisme technologique dont lĠimportance sĠefface devant les projets dĠutilisation pdagogique.
La primaut manifeste du projet pdagogique
Certes des interactions existent entre les technologies disponibles et lĠappropriation quĠen font les enseignants mais il semble que le projet pdagogique prime. Il est probable quĠune minorit des sites web scolaires rponde dĠabord la technophilie de certains enseignants mais nos sites tmoin nous suggrent que cette dimension est seconde. Bien sr, la prgnance de la dimension pdagogique de ces projets ne dit rien de leur qualit et intrt intrinsques mais elle rpond une question majeure, celle de la nature premire des sites web scolaires. Ils constituent lĠun des lments, peut-tre le seul dont nous pouvons prendre connaissance aussi aisment de lĠextrieur, du dispositif ducatif mis en place dans ces classes ou coles. Si pour les lves, les enseignants et parfois pour une communaut plus large incluant les parents voire dĠautres acteurs, le site web (nĠ)est (quĠ)un moyen matriel et symbolique au service dĠactivits dĠapprentissage dans le cadre dĠun projet ducatif, il constitue pour nous un ensemble de traces. Des sites qui disent beaucoup de la ralit des pratiques pdagogiques, la manire dont les documents accrochs aux murs des classes dlivrent beaucoup dĠindices sur ce qui sĠy droule, mais ils nĠoffrent quĠun seul point de vue avec des perspectives qui se rvlent parfois trompeuses.
La construction dĠune culture qui intgre les outils de communication en rseau
Le dnombrement des sites web des coles franais montre une forte progression au cours de la dernire dcennie. Des quelques dizaines de sites ouverts en 1996, nous arrivons aujourdĠhui des situations territorialement contrastes o certains dpartements affichent largement plus dĠun quart des coles ayant mis en ligne leur site. Cette situation diffre notablement de celles des collges et des lyces o la couverture nationale est quasiment totale mais cette diffrence sĠexplique par la nature et lĠampleur des moyens dont chacun dispose. Alors que les sites web dĠcoles primaires conservent la marque de lĠartisanat, ceux des tablissements secondaires sĠinscrivent dans une perspective de rationalisation sinon dĠindustrialisation avec le dploiement par les services de lĠtat et des collectivits territoriales des environnements numriques de travail. Cette relle prise en compte du potentiel pdagogique que reprsentent la cration et lĠanimation dĠun site web scolaire montre quĠun processus dĠacculturation est lĠÏuvre. Comme le montre trs justement Herv Moull, lĠcole de Bizu, le site web et plus largement les TIC occupent une place lgitime lĠcole ; la fois car elles sont utiles aux apprentissages scolaires et parce quĠil est indispensable que lĠcole prpare les lves leur usage. LĠacculturation est double. Elle concerne dĠabord les enseignants et les lves et lĠon aimerait savoir ce que sont devenus les lves de ces coles pionnires pour comprendre ce que cette exprience indite leur a apport. Elle concerne aussi le systme en rapprochant lĠcole de sa mission dĠduquer les citoyens dĠune socit profondment transforme par les technologies de communication en rseau.
[1] Le texte fondateur de Tim Berners-Lee (Information management : a proposal) peut tre consult sur le site du consortium W3 lĠURL http://www.w3.org/History/1989/proposal.html (document consult le 14 mai 2008)
[2] Organisation europenne pour la recherche nuclaire
[3] Durpaire J.-L.- Internet lĠcole en France. Guide dĠusages pdagogiques, CNDP : collection de lĠIngnierie ducative (Hors srie), 1997 (puis)
[4] M. Radeuil de Viville en Charentes, Riec-sur-Belon dans le Finistre, Georges Brassens Baillargues dans lĠHrault, Pinay dans la Loire, Bizu Beaumont-Pied-de-BÏuf dans la Mayenne, Louvie-Juzon dans les Pyrnes-Atlantiques, cole polyvalente des hospitalires Saint-Servais Pais, Hnouville en Seine-Maritime, Piquecos dans le Tarn-et-Garonne et J. Ferry de Neuville-de-Poitou dans la Vienne
[5] Inflexion symbolique dfaut de constituer une relle rupture technologique
[6] http://www.ecolebizu.org/index.htm (site consult le 14 mai 2008)
[7] Groupe de travail de lĠInstitut Coopratif de lĠcole Moderne (ICEM) en charge des TIC, anim notamment par Bernard Monthubert, depuis Chtellerault dans la Vienne, au cours des dcennies 80 et 90.
[8] La thse de recherche doctorale de Christian Derrien, intitule Ç Le Rseau tlmatique "Freinet". Dynamique communicationnelle de classes en innovation 1985-1994 È, soutenue en 1995 lĠUniversit de Caen, rend compte de ces pratiques pionnires et met en vidence un esprit rseau. Elle peut tre consulte, via le prt inter-bibliothque, dans tous les centres de documentation universitaires.
[9] http://www.amisdefreinet.org/ (site consult le 14 mai 2008)
[10] Voir pour quiper les familles avec les anciens matriels de lĠcole
[11] http://www.education.gouv.fr/realisations/communication/samra.htm (site consult le 14 mai 2008)
[12] Deux des 10 coles sont localises sur le territoire acadmique picto-charentais.
[13] Dans le sous-titre de son ouvrage, Jean-Louis Durpaire distingue la priode 1994-1996 comme la Ç 1re poque È.
[14] Une vrification des 10 sites tmoin, effectue le vendredi 16 mai 2008 avant de transmettre lĠarticle lĠditeur, indique que lĠun dĠeux, celui de lĠcole de Viville, pourtant trs actif depuis 12 ans, fermera la fin de lĠanne scolaire, faute de moyens pour en assurer lĠadministration. Voil un vnement qui pose bien la question du statut de ces projets et de ces pratiques lĠcole primaire (objectifs, responsabilits, moyensÉ).
[15] Audran J.- Ethnologie et conception des sites web scolaires, Paris : Herms-Science, 2005
[16] Habermas J.- LĠespace public. Archologie de la publicit comme dimension constitutive de la socit bourgeoise, Paris : Payot, 1997
[17] Nologisme assum
[18] Comme lĠont montr par exemple Yannick Bernard et Bernard Us dans une tude consultable lĠURL http://edel.univ-poitiers.fr/masterime/document.php?id=319 (document consult le 14 mai 2008)
[19] Contain Management System